Situé à Sainte-Beatrix, dans Lanaudière, le Centre-refuge Nymous a été créé par Rachel Garenne et Jacques Lessard. Il vient en aide à tous les animaux de la faune, qu’ils soient blessés ou en danger. Il a une vocation de réhabilitation, de prévention et d’éducation. Au cours des derniers mois, Rachel et Jacques ont notamment accueilli plusieurs opossums affaiblis, affamés ou blessés. Constatant le manque de connaissances sur ces marsupiaux au Québec, ils ont décidé de créer un sanctuaire afin de leur venir en aide et de sensibiliser les gens.

Les opossums sont des animaux méconnus au Québec, autant par les chercheurs que par la population. Ne résistant pas au froid et nécessitant un régime alimentaire complet et complexe, ils sont nombreux à succomber à l’hiver québécois. C’est pour cette raison que Rachel et Jacques ont fait de la protection des opossums un de leurs projets prioritaires.

Rachel fait le point : « Depuis un an, nous avons sauvé par moins d’une dizaine d’opossums. La plupart étaient affamés, n’arrivant pas à trouver le minimum nécessaire pour se nourrir. D’autres avaient également subi de la maltraitance. En effet, beaucoup de personnes comparent les opossums à de gros rats. C’est vrai qu’ils peuvent faire peur, surtout lorsqu’ils ouvrent leur gueule. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’animaux pacifiques, qui ne sont pas adaptés à vivre sur le territoire québécois. D’ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi nous en trouvons autant ici, alors qu’ils ne sont par faits pour survivre au froid. Un opossum peut commencer à geler dès qu’il fait en dessous de 7°C, imaginez à -20°C ! »

Rachel ajoute que les opossums ont une très courte espérance de vie, aussi courte que deux ans, s’ils sont en pleine nature. En effet, ces marsupiaux se trouvent au bas de la chaîne alimentaire et n’ont pas évolué depuis des milliers d’années, ce qui les rend vulnérables aux prédateurs. S’ils ne sont pas des chasseurs – les opossums mangent ce qu’ils trouvent, incluant les insectes, même les tiques – ils ont un système immunitaire qui combat efficacement les maladies les plus communes. Par exemple, ils ne peuvent pas avoir la rage, et donc, ne peuvent pas la transmettre.

Lorsque Rachel et Jacques ont commencé à accueillir ces petits animaux, ils se sont rendu compte du manque de sources d’information disponibles sur les opossums. Afin de pouvoir les aider le mieux possible, il se sont tournés vers Beth, une spécialiste de la Caroline du Sud qui les a aiguillés sur les meilleurs soins à leur prodiguer. Par exemple, elle les a aidés à établir le régime alimentaire à suivre.  Comme l’exprime Rachel : « Nourrir un opossum, c’est un art. Je cuisine véritablement pour ces animaux. Ils doivent avoir leur calcium, leurs légumes, leurs fruits, leurs protéines. Ils nécessitent une alimentation très variée, ce qu’ils ne peuvent pas trouvent au Québec, en plein hiver. C’est une autre des raisons pour lesquelles ils meurent très rapidement. »

« Si le régime alimentaire d’un opossum est déséquilibré, ils peuvent rapidement devenir obèses. Nous avons tous déjà vu des vidéos sur internet montrant des opossums en train de loucher. Nous pouvons trouver ça bien drôle de prime abord, mais il s’agit plutôt d’opossums dont le gras s’entasse derrière leurs lobes oculaires et qui leur cause ce problème de vision. Ces marsupiaux risquent fortement d’en mourir. »

Éducation et soins
Si plusieurs sanctuaires pour opossums existent aux États-Unis, ce n’est pas encore le cas au Québec.

Avec leur sanctuaire au Centre-refuge Nymous, Rachel et Jacques espèrent notamment permettre à ces marsupiaux d’augmenter leur longévité en leur fournissant des abris chauffés, une nourriture équilibrée et des soins s’ils sont blessés.

Si le refuge cherche avant tout à réhabiliter les animaux qu’ils accueillent dans leur milieu naturel, ce n’est pas toujours possible. Un enclos qui pourra héberger les opossums ne pouvant pas être réhabilités sera également construit. Toutefois, un de leurs principaux objectifs est également d’augmenter la littérature scientifique sur les opossums, en invitant des biologistes à les étudier, notamment du point de vue comportemental.  Comme l’explique Rachel : « Nous souhaitons accueillir des spécialistes au refuge, car il y a un gros travail d’éducation et de sensibilisation à faire. Nous souhaitons donc qu’un partage de connaissances puisse se faire et que ce sanctuaire soit le premier pas afin que d’autres soient créés dans la province. »

Campagne de levée de fonds
Le centre-refuge Nymous ne reçoit aucune subvention gouvernementale. Afin de pouvoir mener à bien leur projet, Rachel et Jacques ont donc besoin de l’aide du public. Ils estiment à environ 15 000 $ le montant nécessaire afin de construire un enclos particulier, qu’il sera possible de fermer entièrement en hiver, avec des lampes chauffantes, mais aussi où ils pourront isoler les mâles lorsqu’ils seront en chaleur. En plus du sanctuaire pour les opossums, Rachel et Jacques ont également besoin de financement pour rénover et améliorer certains enclos de leurs autres pensionnaires, notamment celui des ratons laveurs.

Pour amasser ces fonds, le 5 mars dernier a eu lieu l’événement « Rallumons les étoiles dans le cœur de l’humanité », où les gens étaient invités à venir visiter le refuge et en apprendre davantage sur les animaux qu’on y accueille. Sur la page Facebook du centre-refuge Nymous, il est également possible de se procurer des cotons ouatés et des t-shirts à l’effigie du raton laveur Nymous, créés par l’entreprise québécoise Impressionne-toi. La moitié des profits est reversée au refuge afin qu’il puisse poursuivre sa mission d’aider tous les petits êtres à quatre pattes qui ont besoin des soins et de l’amour de Rachel et Jacques.

Pour en apprendre davantage sur la mission et les protégés du centre-refuge Nymous, ou pour faire un don, visitez le site internet www.centre-refuge-nymous.com.