Vidéos humoristiques, réseaux sociaux, webséries, one man show, Mathieu Cyr ne manque pas une occasion de nous faire rire. Nous l’avons interviewé afin d’en apprendre davantage sur sa carrière assez atypique, mais aussi sur le spectacle qu’il présentera le 9 octobre prochain, au Cabaret C, lors du festival Laval en Rires.

Mathieu Cyr fait partie de ses humoristes qui se sont intéressés à l’humour sur le tard. En effet, après avoir étudié en animation et recherche culturelle à l’UQAM et vécu une panoplie d’expériences professionnelles, c’est à 29 ans qu’il franchit le pas et s’inscrit à l’École nationale de l’humour. Après deux ans de cours du soir, il en gradue en 2007.  Malgré le fait qu’il ait aimé son expérience, il avoue tout de même l’avoir trouvée éprouvante. « J’avais des amis plus vieux, des amis qui avaient déjà des compagnies, qui travaillaient depuis longtemps, qui avaient une maison et une famille. Je les invitais à venir voir mes spectacles lors de mes débuts et j’avais l’impression d’être un ti-cul du secondaire. C’était un peu comme un retour en arrière », explique-t-il en riant.

Ce n’est qu’en 2018, 11 ans plus tard après sa graduation à l’École nationale de l’humour, que Mathieu Cyr lance son premier one man show. Le chaînon manquant. Il explique avoir pris cette décision tardivement, car non seulement il cherchait la bonne compagnie de production pour son spectacle, mais principalement parce qu’il voulait avoir le temps de s’occuper de ses deux enfants. Comme il le dit : « J’avais un petit garçon de 6 mois et une fille de deux ans et demi. C’était difficile de partir en tournée en laissant ma blonde de l’époque se débrouiller seule avec les deux enfants. J’ai donc attendu qu’ils soient un peu plus vieux. » Celui dont le parcours scolaire et professionnel est inusité, a été diagnostiqué d’un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité à l’âge adulte; il conseille : « Il ne faut jamais lâcher. J’en parle d’ailleurs dans mon show, c’est le message que je veux faire passer. Il faut toujours croire en soi, car je trouve qu’on nous dit tellement de négatif en général : fais pas ça, ne cours pas, etc. On dit moins : fais ça ou j’aime ça quand tu fais ça. Il faut regarder sa progression : est-ce qu’on est meilleur que ce qu’on était avant? Oui. Parfait, donc, je m’améliore. J’ai commencé l’humour à 30 ans. J’ai maintenant 44 ans et j’anime une émission de skateboard autour du monde, je voyage sur ma planche [à roulettes], en suivant des professionnels qui ont 23-24 ans et qui sautent en bas des chaînes de trottoir. Je n’aurais jamais pensé faire ça dans ma vie, et maintenant je le fais à 44 ans. Il n’est jamais trop tard, il faut croire en soi.  »

Dès le début de sa carrière, Mathieu Cyr a réussi à bâtir une relation forte avec ses fans sur les réseaux sociaux. La clé de son succès? « Je m’intéresse vraiment à eux. J’ai le goût de leur jaser pour vrai. S’ils prennent le temps de m’écrire, j’essaye de leur répondre. Cela porte fruit, car cela produit un bel attachement », explique-t-il. Au printemps dernier, il a d’ailleurs fait des vidéos en direct sur Facebook à chaque soir de la période de confinement décrétée afin de limiter la propagation de la COVID-19. Il en profitait pour répondre aux questions de ses fans, pour raconter des anecdotes et même pour jouer des tours à d’autres humoristes. Mike Ward, Mariana Mazza, Rosalie Vaillancourt, Katherine Levac, Jérémy Demay, Laurent Paquin et quelques autres ont été les victimes de ses petites blagues.

Depuis le printemps dernier, vous pouvez également observer Mathieu Cyr à la barre de l’émission Skate le monde. Beaucoup plus qu’un documentaire s’adressant aux amateurs de planches, l’émission a pour but de faire voyager ses téléspectateurs, d’intéresser autant ceux qui font du skateboard, que ceux qui n’en font pas.  «  Skate le monde, c’est treize pays en huit mois. J’ai vu des choses que je ne pensais jamais voir dans ma vie. Le skate permet de voir un pays différemment. C’est un sport de rue, ce n’est pas comme du surf ou du snowboard. Nous pouvons découvrir des villes différentes et des autres cultures à travers la rue », résume Mathieu Cyr.

Mathieu Cyr et Laval
Nouvellement Lavallois depuis cet été, sa participation au festival Laval en Rires prend donc une toute autre importance. Il s’esclaffe en expliquant : « j’ai hâte de pouvoir faire des jokes sur Laval et de pouvoir vraiment les feeler. Dans la chanson humoristique que je fais sur Laval, je parle notamment des abris Tempo que tout le monde semble avoir… Et bien je confirme, il y a beaucoup d’abris Tempo à Laval! » Est-ce qu’il pense faire une présentation de sa chanson parodique lors de son spectacle du festival Laval en Rires? Il répond : « Ce serait une bonne idée, ça! Je n’y avais pas pensé, mais maintenant que vous le dites, je crois bien que je vais la faire! » Nous avons donc un premier indice sur le numéro que Mathieu Cyr nous présentera lors du festival, le 9 octobre prochain!

Ce que Laval lui inspire? Il décrit notamment Laval comme plusieurs villes à l’intérieur d’une même ville. En effet, il explique que, selon lui, chaque quartier a ses propres attraits et sa propre personnalité. Il trouve d’ailleurs le public lavallois particulièrement intéressant. Comme il le dit, toujours taquin : « Laval, c’est très riche. C’est super varié en termes d’âge, c’est ça qui est le fun. Il y a autant des matantes Gertrude et des mononcles Gérard que des plus jeunes. Il y a également beaucoup de multiethnicité. Tout le monde s’intéresse à l’art et à la culture, je trouve donc ça très intéressant comme public. Les Lavallois sont impliqués et quand ils aiment quelque chose, ils embarquent beaucoup. J’ai hâte de leur présenter mon spectacle. »

Le 9 octobre prochain est donc une soirée à inscrire précieusement  à votre agenda. Venez rire et partager les anecdotes de Mathieu Cyr sur Laval, entre Lavallois, à un festival purement lavallois.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du festival Laval en Rires au http://festivallavalenrires.ca/.