La part des aînés dans la population actuelle est grandissante au Québec comme ailleurs.

Vieillissement de la population
En effet, les avancées de la médecine additionnées au fait que la génération des baby-boomers atteint aujourd’hui l’âge de la retraite permettent de prévoir que, d’ici quinze ans, un Canadien sur quatre sera âgé de plus de soixante-cinq ans. Ainsi, le vieillissement de la population est plus rapide que l’on ne pense et la société a encore du mal à adapter ses services à une tranche d’âge avancé.

Les causes de l’isolement social
Il faut reconnaître que dans nos sociétés occidentales l’attention est centrée sur la population active, étudiants et travailleurs, bien plus que sur les aînés. Il fut un temps où les familles habitaient avec leurs parents et grands-parents, mais la migration des jeunes travailleurs laisse les retraités sur le banc de touche et les occasions de socialiser sont plus minces, surtout pour les personnes à mobilité réduite.

Le gouvernement du Canada rapporte qu’un aîné sur quatre vit avec un problème de santé mentale ou un handicap physique. La santé mentale comprend la démence (notamment liée à la maladie d’Alzheimer), mais aussi et surtout la dépression et l’anxiété. Ces dernières sont des conséquences de l’isolement social des personnes âgées. Les personnes les plus à risque dans ces cas-là sont les octogénaires, les personnes âgées vivant seules et ayant une santé chancelante. Si ces personnes n’ont pas de contact avec leur famille, le manque d’accès aux transports, aux services et les faibles revenus peuvent les pousser à se refermer sur elles même. Il est d’ailleurs important de rappeler que chaque année, c’est plus de cent quarante aînés de plus de 65 ans qui s’enlèvent la vie. L’Association québécoise de prévention du suicide a spécialement créé un document intitulé Prévention du suicide aîné — Comprendre, s’inspirer et agir afin de sensibiliser les proches aidants et tout ce qui font face à ce genre de situation.

Lutter contre la solitude
Il existe au Québec des Municipalité amies des aînés (MADA). Ce projet initié en 2008 par le secrétariat aux aînés du gouvernement du Québec encourage l’inclusion sociale de ces derniers. Les Municipalités ou MRC participantes s’engagent à :
  • Lutter efficacement contre l’âgisme
  • Adapter leurs structures, leurs politiques et leur système de service pour être plus accessibles
  • Favoriser l’inclusion dans les concertations publiques
  • Encourager un vieillissement actif

La ville de Laval a acquis le statut de Municipalité amie des aînés en 2014 et foisonne d’organismes qui proposent des activités pour les aînés comme le Club âge d’or joyeux aînés qui propose des activités variées et des sorties pour socialiser. On retrouve aussi des organisations comme le CLAVA (Comité Lavallois en abus et violence envers les aînés) qui accompagnent et soutiennent les personnes âgées dans des situations plus graves. La santé et le bien-être de tous les citoyens sont primordiaux c’est pourquoi le gouvernement du Canada a mis en place un page web www.aines.gc.ca et la ligne téléphonique 211 qui répertorient les ressources sociocommunautaires de la grande région de Montréal.

Socialiser autrement
Il existe toute sorte de façons de socialiser comme s’inscrire dans un club de sport, pour les plus en forme, ou faire partie d’une chorale, pour les plus créatifs. La liste des organismes socioculturels et des événements locaux est toujours disponible sur les sites internet des communes ou par la poste dans les bulletins municipaux. La rentrée est d’ailleurs le meilleur moment pour prendre de nouvelles résolutions et sortir de sa zone de confort pour aller au-devant de nouveaux défis et surtout faire de belles rencontres.

Le bénévolat et l’entraide restent tout de même la plus belle des façons de rencontrer et d’échanger avec autrui. On remarque, avec joie, que de plus en plus de retraités mettent leurs connaissances au service des écoles primaires et secondaires en faisant partie des programmes d’aide aux devoirs et leçons mis en place dans les commissions scolaires. De la même façon, à l’instar de La Maison des Grands-parents de Villeray (Montréal), plusieurs organismes permettent de multiplier les échanges intergénérationnels. Si la solitude des aînés est souvent liée à l’absence de famille ou de proches aidants, le jumelage avec un jeune peut faire toute la différence et créer une amitié durable.